Déconnection du marché moto et abus gouvernementaux

La chronique Postcards from the hedge dans l’édition de Mars 2017 de la revue moto Backroads décriait la disparition de Victory et la baisse des ventes de Harley-Davidson pour 2016. Faut-il s’en étonner?

Honnêtement, l’industrie de la moto demeure déconnecté de la réalité économique d’aujourd’hui. Depuis 20 ans, les salaires n’ont pas suivi l’inflation, les emplois sont désormais précaires  et ça ne prend pas un génie pour comprendre que le capital disponible pour accéder au monde de la moto n’est plus suffisant pour assurer une croissance ou même le maintien des ventes.

Au Québec, 2016 fut une année difficile. Plusieurs détaillants ont fermé leurs portes, il devient de plus en plus difficile de trouver des centres de services et on ne voit pas de croissance dans les détaillants existants.

La Société de l’Assurance Automobile du Québec (SAAQ) fait aussi sa part pour « serrer la vis » aux motocyclistes (et à ceux et celles qui voudraient le devenir).  Les plaques des petites cylindrées sont de plus en plus onéreuses, le prix des plaques des super sport est tout simplement obscène et rien n’indique que ça va s’améliorer.

Alors que dans d’autres pays, la motocyclette est un moyen de transport à part égale avec l’automobile ou le vélo, ici, c’est traité de plus en plus comme un passe-temps pour les biens-nantis.

Assurer une relève et augmenter le nombre de motocyclistes? Le coût élevé du cours de moto obligatoire, des plaques ainsi que le peu d’offre de motos intéressantes  de petite cylindrées à moins de $5000 sont des facteurs qui n’annoncent rien de bon.

Mise à jour – janvier 2020. Il y a eu deux augmentations successives sauvages de la SAAQ pour les motos sport.  Pour mettre du sel sur la plaie, l’an dernier, plusieurs modèles ont été ajoutés dans la catégorie à risque et certains de mes amis ont vu le coût de leur plaque presque tripler. Le comparatif des frais 2019-2020 démontre l’abus:

https://saaq.gouv.qc.ca/saaq/tarifs-amendes/immatriculation/tableaux-comparatifs/motos-401cm3-ou-plus/

Pourtant, les cyclistes partagent la route et n’ont rien à défrayer, eux. D’ailleurs, pourquoi ne pas avoir un modèle de frais d’immatriculation universel basé sur le poids, comme ça tous les usagers de la route contribueraient (incluant les cyclistes).

Mais ça, c’est une autre histoire.